Données nécessaires au calcul
Le calcul assurance emprunteur part de l’offre de prêt et de la fiche d’assurance. Relevez le capital emprunté, la durée, le taux d’assurance annuel, le mode de cotisation et la quotité assurée. Ces éléments déterminent la mensualité et le coût total.
La quotité correspond à la part du prêt couverte pour chaque emprunteur. Pour un emprunt de 200 000 € à deux, une quotité de 50 % chacun couvre 100 % du prêt au total ; 100 % chacun porte la couverture à 200 %.
- Capital initial : montant emprunté au départ, hors intérêts.
- Capital restant dû : somme à rembourser à une date donnée, qui baisse à chaque échéance.
- Taux d’assurance : taux annuel appliqué selon la méthode prévue au contrat.
- Garanties : risques couverts, comme le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie, l’invalidité ou l’incapacité de travail.
Le niveau de garanties influe sur le tarif. Les exclusions, qui désignent les situations non couvertes, les limites de prise en charge et un éventuel délai de carence doivent être lus avant toute comparaison. Le délai de carence est la période après l’adhésion durant laquelle certaines garanties ne jouent pas encore.
Calcul sur le capital initial
Avec une cotisation calculée sur le capital initial, la prime mensuelle reste identique pendant toute la durée du prêt, si le contrat ne prévoit pas d’évolution liée à l’âge. Cette méthode est fréquente dans les contrats de groupe proposés par les banques.
La formule, pour un emprunteur, est la suivante : mensualité = capital initial × taux annuel d’assurance × quotité ÷ 12. Le taux et la quotité s’expriment en décimales : 0,30 % devient 0,003 et 100 % devient 1.
Le coût total se calcule ainsi : mensualité × nombre de mois de remboursement. Pour une première estimation globale, consultez aussi Combien coûte une assurance emprunteur ?, qui replace l’assurance dans le coût du crédit.
Cette simplicité aide à lire le tableau d’amortissement : la ligne d’assurance ne change pas. Elle ne signifie pas que le montant est faible sur toute la période, car la prime continue d’être calculée sur le montant initial alors que la dette diminue.
Calcul sur le capital restant dû
Avec une cotisation sur le capital restant dû, la prime évolue chaque mois avec la dette. La formule devient : prime du mois = capital restant dû × taux annuel d’assurance × quotité ÷ 12.
Le coût total ne résulte donc pas d’une mensualité fixe multipliée par la durée. Il faut additionner chaque prime inscrite dans le tableau d’amortissement, de la première à la dernière échéance.
- Repérez le capital restant dû au début de chaque mois.
- Appliquez le taux annuel et la quotité retenue.
- Divisez le résultat par 12.
- Additionnez toutes les cotisations mensuelles.
Cette méthode produit souvent des échéances d’assurance décroissantes. Comparez toujours des contrats avec des garanties et une quotité identiques : un prix inférieur peut refléter une couverture moins large, un plafond d’indemnisation plus bas ou des exclusions différentes.
Prise en compte du taux et de la quotité
Le taux affiché doit être rattaché à sa base de calcul. Un taux de 0,30 % appliqué au capital initial ne donne pas le même coût qu’un taux identique appliqué au capital restant dû. Demandez le tableau détaillé des cotisations, plutôt que de comparer les seuls pourcentages.
Pour situer les niveaux proposés selon l’âge, la santé, le métier et les garanties, voir Quel est le taux moyen d’une assurance emprunteur ?. Le questionnaire de santé, lorsqu’il est demandé, et les risques professionnels ou sportifs peuvent modifier le taux ou entraîner une exclusion.
La quotité s’applique au calcul de chaque assuré. Avec deux co-emprunteurs à 50 % chacun, le total des cotisations correspond à 100 % du prêt ; avec 100 % chacun, chaque personne est tarifée sur la totalité du capital. Une quotité de 200 % augmente le coût, tout en renforçant la protection du foyer si l’un des deux ne peut plus rembourser.
Exemple chiffré de coût total
Supposons un prêt de 200 000 € sur 20 ans, soit 240 mois, assuré à 100 %. Le taux annuel d’assurance est fixé à 0,30 %, avec une tarification sur le capital initial. Les garanties sont supposées identiques dans les deux méthodes afin de rendre la comparaison utile.
| Calcul | Résultat |
|---|---|
| Prime annuelle | 200 000 € × 0,30 % = 600 € |
| Mensualité d’assurance | 600 € ÷ 12 = 50 € |
| Coût total sur 240 mois | 50 € × 240 = 12 000 € |
Pour une quotité de 50 %, la mensualité de cet emprunteur serait de 25 € et son coût total de 6 000 €. Dans un contrat calculé sur le capital restant dû, la première mensualité serait proche de 50 €, puis baisserait ; seul l’échéancier permet d’obtenir le total exact.
Une assurance peut aussi prévoir des primes variables selon l’âge ou une surprime liée au profil assuré. Dans ce cas, utilisez les montants en euros de la notice ou de l’offre : une formule unique avec le taux de départ ne suffit pas.
Vérification du TAEA dans l’offre
Le TAEA, ou taux annuel effectif de l’assurance, mesure le poids annuel de l’assurance dans le financement. Il figure dans l’offre de prêt et permet de comparer l’incidence de l’assurance sur le crédit, à garanties comparables.
Il se calcule par différence entre le TAEG avec assurance et le TAEG hors assurance. Le TAEG est le taux annuel effectif global : il intègre les intérêts et les frais obligatoires du crédit selon les règles applicables. Le TAEA ne remplace donc pas la lecture des cotisations mensuelles ni celle du coût total en euros.
- Vérifiez le TAEA de chaque assuré et la quotité associée.
- Contrôlez le montant total de l’assurance et le montant de chaque échéance.
- Comparez les garanties, les plafonds, les franchises et les exclusions.
- Gardez l’offre, la fiche standardisée d’information et le tableau d’amortissement pour vérifier les chiffres.
La franchise est la période pendant laquelle l’assureur ne verse pas encore de prestation après un sinistre couvert, par exemple lors d’un arrêt de travail. Les plafonds limitent le montant ou la durée de prise en charge. Le calcul du prix doit rester lié à ces conditions de couverture.
